LES PONCTUALITÉS DU RÉEL

 

Il y a la nuit, qui absorbe.

Il y a ce déluge, qui prévient.

Il y a les rêves, que nous ne ferons pas,

puisque nous les avons déjà consumés.

Il y a la fureur des mots, et la poésie de leur sonorité.

"Je te l'interdis!"

À quel moment une phrase se convertit-elle en récurrence et cette récurrence devient-elle mélodie?

Nous ne rêverons pas. Nous ne nous connaîtrons pas. Nous n'irons pas. Autant de négations dans l'absolu d'une décision si équivoque.

Je volerai tes crayons. Je volerai tes idées, tes titres, ceux-là même auxquels nous avons réfléchis ensemble. Et puis ce territoire, l'Antarctique. Je le filmerai dans une obsession absolue. La recherche de ta voix. L'odeur sur mes doigts. La trajectoire des corps. Nos hétérotopies aléatoires. Et au loin, l'écho antarctique.

Voilà. Peut-être que le film s'appellera "L'écho antarctique. Et le film sera blanc. La neige brûlera le film et il ne se passera rien. Rien de plus que ce que nous aurions pu imaginer. Les rêves partagés seront présents et nos meilleurs souvenirs seront ceux du futur. Le présent impatient du futur… Et pourtant… Et pourtant ton souvenir appartiendra déjà au passé. Libre de toute temporalité.

"Je suis libre", ai-je souspiré.

Et ton regard.

Video: Michel Foucault, Les Hétérotopies (Radio Feature, 1966)